Coalition Africaine pour la Redevabilité des Enterprises
Oeuvrant ensemble pour la protection des droits de l'homme

La Coalition Africaine pour la Redevabilité des Entreprises (ACCA) et le Centre for Human Rights (CHR) félicitent les organisateurs de l'Alternative Mining Indaba (AMI) 2022 pour avoir organisé avec succès la 13e édition de l’AMI à Cape Town, en Afrique du Sud, du 9 au 11 Mai 2022 sous le thème : "Une transition énergétique équitable et durable pour des communautés minières à l'ère de la crise climatique". Le thème de la 13e édition de l’AMI était très opportun du fait de l'impact global du changement climatique sur les communautés et du respect des droits de l'homme. L'ACCA et le CHR se joignent à l'AMI pour réitérer l'importance de cette discussion dans les efforts visant à une action, une atténuation et une réponse climatiques efficaces.

La plateforme AMI présente un espace important pour la société civile pour interroger les questions critiques liées aux activités minières, leurs liens avec le changement climatique et l'impact sur les droits des communautés minières ainsi que le développement durable. Ces questions restent pertinentes pour l'ACCA et ses membres à travers le continent et sont au cœur des stratégies et actions communes visant à renforcer les capacités des membres, à partager les expériences et les connaissances et à renforcer les initiatives de plaidoyer pour renforcer la redevabilité des entreprises. A ce titre, lors de la 13ème édition de l’AMI, l'ACCA a réuni des membres clés dont le Centre for Human Rights, le Centre for Applied Legal Studies(CALS), le Initiative for Social and Economic Rights(ISER), Action Mines Guinée, Natural Justice et la Zimbabwe Environmental Law Association (ZELA) en tant que participants et intervenants clés à l'AMI et lors de l'événement parallèle sur « Les liens entre les activités minières et le changement climatique et leur impact sur les droits des communautés affectées par l'exploitation minière. »

À la lumière du thème AMI 2022, les liens entre les industries extractives et le changement climatique ont été interrogés. Il a été noté que le secteur minier reste l'un des principaux émetteurs de gaz à effet de serre et contribue de manière significative à la production de ressources énergétiques fossiles qui contribuent de manière significative aux émissions de dioxyde de carbone au niveau mondial. Cela exacerbe gravement la crise climatique à laquelle le monde est actuellement confronté. Ainsi, il a été souligné qu’il est très important que nous passions des systèmes de production et de consommation d'énergie basés sur les combustibles fossiles à des sources d'énergie plus vertes et plus renouvelables comme moyen d'atténuer et de répondre aux impacts du changement climatique. En tant que tel, l'objectif plus large de l'AMI était, entre autres, d'avoir un discours critique sur la manière dont cette transition énergétique peut se faire d'une manière qui soit « juste » pour les communautés minières africaines, en tenant compte des différentes catégories vulnérables au sein des communautés minières, y compris les femmes et les enfants.

C'est en grande partie parce que l'Afrique reste un important producteur de minéraux avec d'abondantes réserves de ressources naturelles et constitue une énorme attraction pour les entreprises minières mondiales. De même, les programmes de développement de la plupart des pays africains sont ancrés autour de l'exploitation des ressources naturelles, y compris l'exploitation du pétrole, du gaz et d’autres minérais.

Compte tenu de ce qui précède, il est important qu’une transition énergétique juste prenne en compte la perspective des communautés minières africaines et apporte solidarité et soutien à ces dernières. Pour résoudre ce problème, l'AMI a noté que les projets actuels de développement et d'exploitation minière qui excluent une consultation et une participation significatives des communautés concernées doivent cesser. Divers groupes, y compris des communautés de femmes travaillant dans ce secteur, ont souligné l'importance d'un engagement significatif, en explorant les mesures existantes des communautés pour atténuer la crise climatique. Les activités minières et extractives ont de graves répercussions sur la vie, la santé et les moyens de subsistance des personnes vivant dans et autour des zones minières. Ainsi, de nombreux groupes de femmes sont déjà engagés dans des activités conçues pour répondre au changement climatique dans leurs communautés, notamment les nouveaux processus agricoles et la transition énergétique. Il est donc important que la voix de ces communautés soit entendue et consultée dans tous les projets les concernant.

Lors de l'AMI, plusieurs tables rondes se sont tenues pour discuter notamment sur le lien entre la transition énergétique et la crise relative au changement climatique, l'engagement du secteur privé, la participation locale, l’investissement et la diversification; les interventions minières sur une transition juste ainsi que l'atténuation des inégalités socio-économiques pour une transition juste. Toutes ces tables rondes étaient essentielles pour faire avancer le débat sur l'action climatique, l'atténuation et la mise en place d’une réponse adéquate au changement climatique, et une transition énergétique durable pour les communautés minières. Nous saluons particulièrement la session parallèle sur le genre, l'éco-anxiété et la transition énergétique juste qui constituait une opportunité indispensable d'une analyse des problèmes et des solutions basés sur le genre, ainsi que l'atelier de renforcement des capacités sur une transition juste.

En marge de l'AMI, l'ACCA et le CHR ont également organisé une table ronde sur les liens entre l'industrie extractive et le changement climatique et ses impacts sur les droits des communautés minières. L'ACCA et le CHR restent déterminés à défendre les droits des communautés affectées par les entités commerciales, y compris les sociétés minières, et à faire progresser le respect des droits économiques, sociaux, culturels et environnementaux et le renforcement de la redevabilité des entreprises. Les discussions ont mis en évidence le lien entre l'industrie extractive et le changement climatique ainsi que les défis et les opportunités relatifs au respect des droits de l'homme et des communautés affectées par l'exploitation minière.

Dans l'ensemble, l'ACCA et ses membres apprécient la plate-forme AMI et approuvent la déclaration adoptée par les participants de l'Alternative Mining Indaba 2022 qui réitère que "l'AMI ne sera pas mise en sourdine" - compte tenu des effets de la pandémie du COVID et des restrictions qui en résultent, de la diminution de l'espace citoyen, et les principes du "rien sur nous sans nous" et du "droit de dire NON".

Nous approuvons et nous associons également aux recommandations de l'AMI 2022 faites aux gouvernements et aux entreprises pour, entre autres, lutter contre les inégalités et poursuivre des programmes de développement centrés sur les personnes allant au-delà d'une fixation sur un modèle capitaliste d'exploitation minière vers une diversification des économies.

Nous ajoutons également notre voix aux demandes de l'AMI de garantir que les entreprises minières ne feront plus jamais usage des forces de police pour censurer les communautés, comme ce fut le cas lors du massacre de Marikana en 2012.

Enfin, comme pour le reste de l'AMI, l'ACCA et le CHR exigent également qu'avant de pouvoir parler de transition juste, les institutions de financement, dont la Banque mondiale et la Société financière internationale (SFI), doivent canaliser les ressources vers la réhabilitation des zones qui ont été impactés par les activités extractives avant d'envisager d'investir dans de nouveaux projets liés à la transition énergétique. De plus, nous exigeons des réparations pour la dette climatique de ceux qui ont perdu la vie, leurs terres et leurs biens pour ouvrir la voie aux opérations minières.

L'ACCA et l'ensemble de ses membres réaffirment leur engagement à continuer de dialoguer avec l'AMI et ses partenaires et approuvent pleinement la feuille de route résolue à être adoptée pour répondre aux priorités identifiées. Nous attendons avec impatience une alliance plus forte avec l'AMI et d'autres parties prenantes clés en vue de créer des plateformes durables pour amplifier les voix des communautés touchées par l'exploitation minière et la crise climatique, et des militants qui les défendent.

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